Sonnet quasi-classique des té-cis

C’est un mec hyper-cool que je kiffe trop grave:

Il déchire sa race à moi qui suis sa meuf!

Tous les samedis soir, on s’éclate à la teuf:

Faut dire, la zikmu, elle est pas trop pourrave!


Quand on est foncedé, c’est qu’on a trop bédave*

(On a été  pécho par ces connards de keufs!

Il nous a balancé, ton poucave** de reuf***)

Wesh! Zyva, le bâtard! Le Bouffon! Il me gave!


Tes darons, je m’en carre! Et ta reum, c’est qu’ une pouff.

Et méta la frangine: elle est vraiment trop ouf!

Mais toi, je dis « respect », à Carrouf, tu travailles


Toi au moins t’es trop chips,  tu me ferais pas yèche!

Me laisse pas béton, si ce serait la dèche!

Et puis, t’es pas chelou, t’es pas de la racaille…



*bédaver: fumer des substances illicites

**poucave: traître

***reuf: frère

Publié dans : Fantaisies | le 26 juin, 2011 |1 Commentaire »

Déforestation

Martine allait au bois retrouver son vieux chêne

A qui elle confiait ses joies et ses secrets

Elle aimait profiter de son charme discret

Avait gravé son nom sur l’écorce d’un frêne.

 

Mais un jour, des engins destructeurs débarquèrent,

La mâchoire féroce et l’appétit vorace:

La tronçonneuse passe et la forêt trépasse:

Devant un tel affront, les arbres succombèrent.

 

La fillette pleura sa défunte futaie

(Les marchands de maison en outre s’en foutaient).

A la mare aux canards, elle épancha son spleen.

 

Blâmant le bûcheron qu’elle avait là croisé,

Tristement soupirait près du lac la Martine:

« Un seul hêtre vous manque…et tout est déboisé! »

Publié dans : Fantaisies | le 10 janvier, 2011 |1 Commentaire »

Imaginons un monde…

Imaginons un monde où les ours ont des ailes…

L’un d’eux prend son envol, direction Zanzibar

Et croise mon lama serveur dans un snack-bar

Qui massacre Mozart au piano à bretelles…

 

Alors, notre animal accoste une hirondelle

Qui faisait le trottoir (le printemps, c’est ringard)

Puis il repart, hagard, pinté comme un pochard,

Pour aller nulle part,vu qu’elle est morte, Adèle.

 

(C’était la soeur de l’ours). Ce dernier aperçoit

Un éléphant d’Asie bouddhiste qui lévite;

Le brutal déboule en trombe, et -Dieu merci – l’évite

 

De justesse, agrippant une liane d’un doigt.

Ouf! Il sent arriver le quatorzième vers,

Et s’endort comme un loir puisque le loir est cher…

 

Publié dans : Ani-mots | le 21 décembre, 2010 |Pas de Commentaires »

Du verglas sur mes thuyas

neigeetverglasdbutdcembre2010017.jpgneigeetverglasdbutdcembre20100181.jpg

 

neigeetverglasdbutdcembre20100181.jpgQuelques feuilles de thuyas se sont retrouvées prisonnières d’un écrin de glace…Pour le plaisir des yeux, car il y a de la poésie dans ces images….

Publié dans : Non classé | le 5 décembre, 2010 |Pas de Commentaires »

Pour Juliette

Où es-tu, Juliette, aujourd’hui 

Que tu as quitté notre monde?  

Il n’a fallu qu’une seconde 

Pour que le jour se fasse nuit. 

Si tu savais toute la pluie 

Qui mon visage, hélas, inonde… 

Où es-tu, Juliette, aujourd’hui 

Que tu as quitté notre monde? 

Je vois le ciel avec ennui. 

Es-tu là-haut? Mon coeur qui gronde 

Laisse saigner la plaie profonde, 

Pleure ton sort trop détruit. 

Où es-tu, Juliette, aujourd’hui 

Que tu as quitté notre monde? 


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Publié dans : Poèmes sérieux | le 5 décembre, 2010 |Pas de Commentaires »

Virelangue en X

Sans partenaire fixe,
Coeur expert , esprit fantasque,
Corps de nymphe et de nixe,
Mettant bas les masques,
Il passe ses désirs aux rayons X
De son index la malaxe.

Telle une odalisque

Elle décline la syntaxe

De son corps circonflexe

Jusqu’au prolixe climax

Dans la zone vortex du disque.

Elle ne craint pas les bourrasques,
Ni les ambigus ambidextres.
Le latex dans sa vasque,
Elle oublie ses complexes
Quand le Phénix se vexe

de devenir flasque.

Publié dans : Fantaisies | le 7 juillet, 2010 |Pas de Commentaires »

Peau étique

 

On le reconnait à sa silhouette

Grêle comme un phasme ou un haricot.

En tenue d’Adam, on voit son squelette

Sous sa peau étique qui couvre ses os.

 

J’aime l’arrondi de sa clavicule

Je connais par coeur ses moindres phalanges.

Courbée devant lui, baisant ses rotules,

J’aime son sacrum en parfait losange.

 

Ma main suit sa colonne vertébrale

Et frémit, caressant ses cervicales.

Voici le portrait ossu de mon homme.

 

Il n’a certes pas le look d’un playboy

(« Il n’est guère épais », aurait dit Tolstoï)

Son corps finira dans un muséum!

 

 

Publié dans : Poèmes d'amour | le 2 juillet, 2010 |Pas de Commentaires »

Histoire absurde

Dans un pays d’Afrique où sévit l’apartheid,
Un homme blanc de peau débarque de Suède.
La nuit tombe, il est tard, et il se met en quête
D’un lit pour sa nuitée , d’une pension honnête.

Il frappe à chaque porte et se trouve éconduit:
Partout, à chaque gîte, un portier fort poli
L’informe que l’hôtel est pour ce soir complet!
Il se heurte au refus de tous les hôteliers.

« Désolé, cher Monsieur: pas une chambre libre! »
Il sent alors en lui la colère qui vibre!
Ma foi, que faire alors? Où aller maintenant?
Il ne peut décemment pas dormir sur un banc!

Heureusement pour lui, la chance lui sourit.
Au fond d’une ruelle, il avise un boui-boui,
Masure innomable, triste comme un cercueil:
Misérable hôtel borgne: on n’y dort que d’un oeil.

Souriant, il s’adresse au réceptionniste,
Sûr de lui, cette fois, qu’il tient la bonne piste.
Mais son enthousiasme est de courte durée:
La blancheur de sa peau l’empêche de nuiter!

« L’Hôtel est réservé aux nègres », lui dit-on.
Il a recours alors à une solution:
Il se peint la figure avec du noir cirage.
Grâce à ce subterfuge, il pose ses bagages.

Le portier l’enregistre et prend congé de lui.
Le voyageur alors le retient et lui dit:
« Je dois prendre le train demain très tôt;
A six heures cinquante, éveillez-moi presto! »

La nuit passe. Au matin, le groom se précipite
Dans la dite chambre, la mine déconfite:
Il est beaucoup plus tard que six heures cinquante
Et bientôt , le train part, à huit heures tapantes.

La touriste angoissé bondit hors de son lit,
Saute dans ses habits, inquiet et ahuri,
Empoigne sa valise et vite met les bouts,
Comme un sprinter, il court; il court comme un chien fou.

Heureusement pour lui, il monte dans le train
Au moment du départ. Il peut s’asseoir enfin!
Il se sent soulagé! Hélas , un contrôleur
Lui rappelle la loi: « Pour les gens de couleur

Ce train est interdit: on n’admet que les Blancs!
Allez, oust! Déguerpis! Respect du règlement! »
« Qu’à cela ne tienne, se dit le voyageur,
Je dois de mon visage, enlever la noirceur. »

Il a beau se frotter du coin de son mouchoir,
Il reste noir de suie, désespérément noir.
« Pourquoi? », demandez-vous. « Pourquoi ce noir visage? »
Parce que le portier s’était trompé d’étage!

Publié dans : Fantaisies | le 28 juin, 2010 |1 Commentaire »

Footeux 22 juin 2010

Ne croyez vraiment pas que je m’enfoote
Mais ces gamins capricieux en short blanc
Moins doués du pied que de la biroute
Offrent un spectacle bien affligeant!

Titubant d’humiliations en déroutes,
Ils sont pourtant logés royalement.
Pour les matchs « nuls » , il n’est guère de doute
Qu’ils sont du monde les plus performants.

C’est un mauvais cap que poursuit la France
Qui ne nous donne pas bonne espérance.
Sûr que l’Afrique du Sud la battra!

Espérons qu’en s’étant pris une veste,
L’équipe des bleus deviendra modeste.
Ce serait le Domenech plus ultra!

Publié dans : Fantaisies | le 22 juin, 2010 |Pas de Commentaires »

Mythe au logis

Dans un vieux coffre en bois aux mille antiquités,
J’ai découvert une édition de la Pléiade,
Un Natura Rerum, un tome de l’Iliade,
Des volumes d’Homère à peine feuilletés

Armée de mon plumeau, j’ai tout épousseté.
De ce nid à poussière émergea L’Enéïde,
Les discours de César, l’Electre d’Euripide.
Souvenez-vous, amis, de vos Humanités…

Tout était mélangé: Sophocle et Démocrite
Flirtaient avec Sappho,Oedipe et Aphrodite,
Et Sisyphe, et Tantale, et Zeus, et Caetera…

Alea jacta est: je nettoyai tout ça.
Dès que j’eus secoué les livres vivement,
Je sus que ça grouillait de mites là-dedans!

Publié dans : Fantaisies | le 21 juin, 2010 |Pas de Commentaires »